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Mar
March 28, 2020, 5:44 pm

01/02
Il y a des trous de teignes dans ma vieille vie
Parfois j'y regarde pour voir les démons du passé
Qui viennent se tapir derrière mes pensées.



02/02
Rêvant de vie baignée d'espérance
Et des voeuxs riants de l'innocence,
Un coeur à genoux au bord d'un chemin
Exhale la douleur d'un sombre chagrin.



03/02
Des nuages clapotent au pied de ma maison
Pareils aux pleurs sauvages d'une neige incertaine,
Un corbeau trop maigre s'ennuie au seuil du vent,
Sous l'émoi du gel, les chaumes nus ont des gercures,
Et les pieds frissonnent sur leur exil pâle.
L'hiver sème les pétales de ses peines.



04/02
J'ai posé ma vie au pied d'un arbre
Et légué mon âme à la montagne.
Caresser cette écorce c'est toucher ma peau
Contempler ces monts c'est voir mon cœur.
Viens, je t'attends.
Viens ! sous tes sandales, moi.



05/02
Il pleut du soleil sur mon cahier.
C'est ton sourire à la passion du jour
Qui écrit un bouquet d'envies sur ma page.



06/02
Partir est un regret que les mots ne peuvent dévorer
Il y a toujours une défaite de l'amour au delà des éclipses
Et toujours de la pluie sur les douleurs du vent.



07/02
L'histoire lève ses poings
Martyrisée par des soliloques mauvais.
Elle meurt mais rien ne bouge,
La vie est en avance sur son destin.






08/02
Tu as mis une rose dans tes cheveux
Pour être coquette ce jour de fête
Et dire adieux aux tristes jours.



09/02
Ces samedis enragés au sang de ces colères
Ces vacarmes de pleurs aux destins de vos armes
Ces ventres douloureux qui refusent vos mangeoires
Ces magistrats perdus aux potences de l'état
Ces poèmes de sang aux bétons de votre histoire
Ces chiffres macabres aux gravats de vos ors
Ces maquignons publics nécrosants la République
Ces maraudes du peuple dans vos têtes de patrons.
Vos oripeaux qui, enfin, brûleront dans ces épopées.



10/02
Ô, mon arbre, je n'arrête pas d'entendre tes mugissements
Comme le fouet du vent dans l'ossature de ton feuillage.
Ô, mon arbre, que ton écorce est douloureuse
Mais que j'aime caresser ta peau sauvage et ridée.



11/02
J'ai appareillé un jour de vaste éternité
Pour charmer la crête neigeuse des flots amicaux
Et t'aimer sur la route de toutes les mers.



12/02
Les lèvres du vent sont venues me chercher
Elles ont mis des gouttes de pluies sur mes yeux.
Ma bouche peut maintenant galoper dans la pénombre
Sur la passion d'un bonheur caché dans les nuages.



13/02
Les feuilles de mes souvenirs tombent de l'horloge
Tes doux murmures se fanent dans ma mémoire
Le temps est une mélodie qui coule sur un grand fleuve.



14/02
Béatitude des paysages éclairant nos mémoires
Mais fêlures des âmes exsangues au cœur des nuits.
Existence harmonieuse d'une nature libérée
Mais horizons mortels des bourreaux humains.
Tant de beauté pour les forces de vie
Mais tant de cruauté pour les folies du sang.
L'humanité est une valse étourdissante.






15/02
Le sourire du temps est un oiseau en joie
Sentir son haleine est le bonjour de la vie.



16/02
Je baille avec le soleil,
Et aux fleurs qui peignent le jour
Je fais la quête de leurs parfums.



17/02
Les étoiles au créneau de ses iris
Sont des voies lactées qui me font des clins d'œil
Sa bouche chaude grésille du chant des météores.
Exutoire qui s'exile au fado des rencontres
Je me laisse facilement prendre par la main.



18/02
Je suis un regard dépouillé
Un sable brûlant au soleil solitaire
J'ai pourtant des vertus en offrande
Mais mon lointain s'estompe où va l'instant.



Ecouter/Voir le chant sahélien de El Hadj N'Diaye


19/02
Une ombre grise aux paupières pesantes
Se lève au vent qui érode le jour.
Une larme ruisselle aux silences des rêves.



20/02
La peau est une paroi vertigineuse
Où se cristallise le goût d'exister.
Ma mémoire est en carence des aptitudes du corps.






21/02
Une larme, clope au bec
Roule sa bosse au fond des yeux
Puis s'abîme au cendrier crasseux.
Reflet distordu d'un amour en allé.



22/02
L'homme s'est égaré dans les métaphores de ses dieux
Et souffle une haleine nauséeuse sur le crépuscule de la terre
Il est un monstre aux yeux rivés sur ses monnaies éphémères
Il ne chante plus au soleil qui se couche
Ni ne pleure sur des roses fanées.



23/02
Tu es venue vers moi un sourire à la main
Une brise fraîche sur le front.
Dans mes cahiers épars
Vit maintenant une fille de liberté.



24/02
Comme un sarcophage au silence feutré
L'hiver déroule ses vagues blanches
Qui oscillent sur l'horizon désert.
La bruyère bleue ne chante plus à l'aurore.



25/02
Il est des musiques arides que la pluie assassine.
Signes extérieurs de lèvres pénitentes
J'aime bien quand le silence parle de lui-même.






26/02
Il y avait un grand feu sur ta présence
Les flammes au bord de tes regards brûlaient mes mains
Alors la fièvre traversa nos désirs
Dans l'entrebâillement de nos errances.



27/02
Ils ont violé la terre dans une danse macabre
Ils lui ont tordu les membres, ils l'ont dépecé.
Ils l'ont jeté dans les tranchées de leurs industries
Ils lui ont fait la guerre, ils l'ont maudit.
Elle a saigné, elle a crié, elle a pleuré
Après, ils ont laissé leurs tumeurs pourrir son sein.

Ecouter/Voir le chant de la terre de Gustav Malher


28/02
J'ai émietté mes nuits balafrées, j'ai morcelé mes rêves
Puis j'ai jeté aux loups mes brûlures
Alors j'ai pu dormir dans mes échancrures.

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