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Mai

28
Mar
March 28, 2020, 5:44 pm

01/05
Leurs mains saccagent nos libertés
elles mutilent nos flancs
elles déchirent nos seins
et s'abreuvent de nos sangs.
Aujourd’hui, demain, dans un mois
négation de ces catégories mentales
qui font couler la haine sur le destin des bannis.



02/05
Sur les pages de mon jardin
j'écris l'espoir de mes semis.



03/05
Quand je dessine la terre de mon potager
mes mains deviennent des épithètes
gravés dans la mémoire des fleurs.



04/05
Ici, au centre de l'univers, mon jardin
ici, au centre du jardin, ma table
ici, ma vie, écrite sur cette table
ici, le temps ne change pas.



05/05
Un aulne gazouille près d'une rose
un enfant porte le vent à sa bouche
une femme revêt son collier d'hirondelles
une sarcelle câline l'encolure d'un étang
le printemps feuillette gaiement ses doux refrains.



06/05
Les enfants sanglotent sous nos obus
leur cœur cogne à nos déchirures humaines
et derrière leurs yeux les clignements de la mort.
Pourquoi toujours ces carnages ?



Ecouter/Voir le chant de la pauvreté


07/05
Il y a un arbre là-bas, près du néant
j'y cours impatient dans un air vigoureux
et je tire sur les bords de la nuit
car je sais qu'il est l'heure de dormir.






08/05
Il existe des sommeils sauvages baignés de lune.
J'ai souvent arpenté ces paysages aux rêves absents
et a la somnolence en bandoulière dans ma besace.



09/05
Ils ont planté l'amour comme on plante des arbres
et dans cette forêt
ils ont bu les larmes du bonheur
ils ont chanté les couleurs de la fraternité
ils ont enfanté la danse de la paix.



10/05
Friche rugueuse, ma barbe comme signe du temps
du temps qui pousse sur les rides des joues.
Du temps, il me reste aussi le souvenir du rasoir.



11/05
J'ai le souvenir tentaculaire
de nuits comme des fortins
où j'errai dans d'étroits couloirs
vers la réalité de la lumière.



12/05
Le vent a des passages dans ma fenêtre,
quand il cramponne les murs de ma maison
il miaule comme aux haubans d'un bateau
ma chambre devient les cinquantièmes hurlants
et j'ai en bouche le goût des hautes vagues.



13/05
Musique de notes argentées aux plis majestueux
les promenades lentes d'un clavier mystérieux
sont des tourbillons de lune sur mes jours d'alors.



Ecouter/Voir le chant d'alors





14/05
Mon histoire s'est faite ici
sur cette terre mineure
cette géographie est mon identité
l'ailleurs n'est pas mien.



15/05
Les fougères scintillent à mon cœur
elles inondent mon souffle de silence.



16/05
Marcher le long de la poésie toute la nuit, et bientôt, trouver le silence fleuri d'une prairie endormie
Et là, s'assoupir.



17/05
Une graine m'a parlé de son voyage.
Parenthèse de l'horizon d'un jardinet
l'âme improvise la terre.



18/05
Prisonnière des rêves
la beauté n'a jamais de fin.



19/05
L'eau et la graine
transparence de vie
murmure d'amour
mémoire de terre.



20/05
La terre est l'émoi du futur
elle sait faire renaître demain
elle tisse les mots et rassemble les possibles
après la terre, plus de rêves
après la terre, l'instant du vide.






21/05
Dans le grenier de mes souvenirs
une malle enflée de mots.
Des mots pour changer le monde
des mots pour défendre la terre
des mots pour le droit humain
des mots pour le respect du vivant
des mots pour préserver le climat.
Des mots passés, oubliés, perdus
des mots en deuil de moi.



22/05
Le vent est venu sans crier gare
mêlé de fièvre et de caresses
mangeant le silence effondré.
Et sous la lumière du vent
le soleil qui cherche à survivre.



23/05
La lumière rature l'ombre d'un corps
promesse d'une peau qui fait rêver
errance des mots au bout des doigts.



24/05
La vie m'a donné ce que j'ai promis
des fleurs, des sourires, de l'ivresse.



25/05
Il y a des mots sans issue
comme des nuages qui prennent l'horizon
il y a des mots sans peur
comme les brûlures de la beauté.



26/05
Le bruit du monde sur nos sombres rêves.
Bandages sur la parole cicatrisée
rires sur les ferments des luttes.
danses sur les portes des mots






27/05
Sur un banc solitaire et nostalgique
une chanson oubliée par la lune.



28/05
Le silence du jour attend le cri des oiseaux.



29/05
Chaque jour, je dépose des mots sur un banc
pour qu'un étranger invente mon présent.



30/05
Les mots sont l'héritage que nous laissent nos morts
ils sont l'espace entre nos hypothèses et nos rêves.



31/05
Une fleur a parfumé d'ivresse la lumière de mon jardin.
Elle me fait comprendre le jour qui disloque la nuit.
La fleur est un alibi pour l'optimisme du soleil.

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