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28
Mar
March 28, 2020, 5:44 pm

01/03
L'ombre maussade des haines qui font peur
La vie difforme derrière les murs féroces
La réalité barbare comme une drogue diabolique
L'oppression malfaisante comme seul bien
La pauvreté affligeante comme seule liberté.



Ecouter/Voir le chant de la vie


02/03
Mon pays est beau comme un haïku
J'aimerais graver un arbre dans sa terre
Juste sous le reflet de l'horizon.



03/03
Silence et harmonie du chœur
Pôles de saveurs aux alchimies fécondes
Déplorations hypnotiques, plongées polyphoniques
Musique, musique folle.
Ton cœur insondable, Josquin des Prés
Le son profond du cœur
L'ouverture sur l'amour
L'infini sur la musique.

Ensemble Vocal de l’Abbaye aux Dames
Niort samedi 9 février 2019
Direction Manuel Simonnet



04/03
Ailleurs il y a des soleils aux bandeaux de sang
Qui sculptent tes espoirs sur les passages de la mer.
Hope ! Tes morsures nocturnes aux larmes blêmes.
Hope ! Le cri silencieux de ta souffrance en exil.



05/03
Les racines de cet arbre sont mon cœur
Elles me relient aux hommes, à leurs géographies
Les feuilles de cet arbre sont mon humanité
Au bout de leur tige il y a mon bonheur.



06/03
Ma maison s'est échouée sur un coteau osseux
Où brillent les ficaires comme des étoiles.
Elle a empilé ses tuiles blondes sur l'horizon
Au milieu des oiseaux qui virevoltent près des arbres.
Depuis, si elle sombre parfois dans de hautes prairies
Toujours, la lumière s'enroule à ses murs.



07/03
Épouser la rose et enlacer le vent,
Penser la musique et chanter le soleil,
Papoter des mains et jouer des doigts,
S'acquitter du bonheur et être brin d'herbe,
Feuilleter l'amour et offrir le désir,
Poser le jour et agrandir l'espace,
Ranger les mots et dénouer leur vertige,
Et moi, en marge de toi, j'existerai tout bas.






08/03
J'ai ouvert la terre de mon jardin
Et en son sein j'ai mis mes rêves
Pour qu'au printemps quand tout s'allume
De belles feuilles s'élèvent au ciel.



09/03
Le temps écrit sur l'écorce des arbres
Les choses ordinaires de la nature.
En lisant les dessins de ces craquelures
J'ai vu la structure future des galaxies
Et l'absence des hommes dans notre cosmos.



10/03
Faire toujours mieux que s'arrêter
Le talon est une cruauté, l'air est un oursin
L'effort est souvent l'inconfort des chairs
Mais les muscles veulent toujours aller plus loin.
Courir est un outrage stimulé plein de scarifications.



11/03
La nuit pétille sur nos mains
Nos désirs cognent sur nos corps
Nos bouches éclatent en feux de soleil.
A l'heure d'une couche sans blessure
S'aimer aux lettres purifiées de poèmes ivres.



12/03
Il y a des destins qui craquent sous la dent
Lorsque le temps de l'âme s'amenuise au présent.
Il faut savoir s'empresser sous l'ineffable de l'âge.



13/03
Les notes du piano sont des fleurs merveilleuses
Et dans le pétillement des mains je vois le cœur.
Que j'aime quand le clavier chante l'amour.



14/03
Sous les plis d'une sonate emplie de jeux de billes
Des enfants tendrement chantent un air vert et jaune.






15/03
Une femme sans parure façonne un bouquet de notes
Un oiseau vient voler cette mélodie fleurie
Pour lui faire un collier léger comme une plume.



17/03
L'ivresse de la vigne danse sur des rêves de festin
Et les ballets de la treille coulent dans nos verres.
Sous le miel des chairs bleues peuplées d'allégresse
L'amie vermeil tourbillonne au fond des verres.



18/03
J'ai cherché l'odeur du printemps sous les reflux de l'hiver
Et trouvé l'eveil d'un papillon dans ce lieu de surprise.



19/03
Gréement de haine aux vents de votre autorité
Justice bonniche pour nos langues au pas
Potences en dentelle pour tuer en beauté.
Vous pouvez faire couler les nectars de nos sangs
Nous ne serons jamais les esclaves de vos chiens.



20/03
Hasard du pas qui s'enfouit dans l'ombre des fleurs
Et se love aux bras dodus d'un ruisseau vermeil.
Voltiges éternelles des oiseaux radieux
Quand les arômes du soleil planent au ciel bleu.
Que résonnent les graviers sous mes talons alertes
Car je marche dans la folie d'aimer la terre.






21/03
A l'heure de la première étoile, de la première fille
L'heure pour le marin de quitter les tempêtes.
Alors l'amante dorée des basses latitudes
Alors de ce long amour, la morsure effacée du bonheur.



22/03
J'ai la liberté barbare et des fouets dans les mots
Certes !
Mais je donne sépulture aux oiseaux et aux fleurs.



23/03
Les feuilles mortes de vos bouches, comme une morphine
Les cendres brunes de vos enfers surpeuplés
Le fléau de vos chaînes enfoncées dans nos gorges
La douleur refermée sur les feux de nos soumissions.
Notre misère sera le liseron de vos enterrements
Nous prierons sur la mort de nos bébés oiseaux
Et nous brûlerons dans l'enfer de vos vérités.
A moins qu'aujourd'hui nous écrivions demain
Sans vous.



24/03
J'ai enfermé mes passions dans ton cœur
Et depuis je vagabonde dans le bonheur.



25/03
Solitaire au soir, m'assoupissant dans les fleurs
J'ai déposé mon cœur au secret d'un bosquet
Puis j'ai pris la main fleurie du printemps
Et l'ombre des arbres, et le chant des insectes
Et la longue lettre qu'écrit le prunier blanc
Et le reflet des oiseaux sur ma poitrine
Et le parfum de la rosée sous la pivoine de la lune
Et la joie du rossignol sur mon oreiller d'herbe.
Le soir est une barque sur un étang de violettes.






26/03
De ta mer Pacifique, tu reviens mon ami voyageur.
Pura vida, je me rappelle ton beau pays,
La gaîté de ta forêt, l'ardent regard de ton soleil,
Mais aussi de mes songes chevauchants ton ressac vert.
Avant de partir, mon ami voyageur,
Va au sourire de la forêt espiègle
Et caresse la patte de velours du jaguar
Tu sais ? Celui qui souda son regard à nos rêveries.



Ecouter/Voir Christelle Berthon


27/03
Tout barbouillé d'un vin vieux
Je ne sais plus l'allégresse
Car du fossé ma couche est triste.
La fougère a l'haleine d'une bouteille.



28/03
La pluie qui s'éloigne sans un bruit
C'est la fuite des pas gercés de l'hivers
Fin des nuits animales, tristes et cruelles
Fin du cri douloureux de la neige folle
C'est l'été qui commence à fouiller mes poches
Je ne veux plus revenir aux hypnoses de l'hiver.
Je ne veux plus entendre le crissement de sa porte.



29/03
Sur mon chaos, les arômes vertueux de tes regards
Dans mes entrailles, l'espace fécond de tes baisers.



30/03
Il y a une persienne ouverte au soir sur le chœur
Alors les rêves remontent de ce beau miroir.
Sacrement des images et du trouble musical
Les frissons de Jehan Ockeghem sanglotent en nos cœurs.

Ensemble Vocal de l’Abbaye aux Dames
Niort samedi 9 février 2019
Direction Manuel Simonnet



Ecouter/Voir Ockeghem - Deo Gratias - Huelgas Ensemble


31/03
Le point du jour marche sur les écharpes de la nuit
L'ombre est rouge aux instants majeurs de la vie.

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