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         La lisière des visages








Dans la paume de l'été, la lumière écrit les chemins des oiseaux
Dans la paume de l'été, les brins d'herbe de ta bouche ont le goût du pain
Dans la paume de l'été, mes lèvres buissonnières lapent le miel de ta voix
Et le ciel de tes yeux écrit les abeilles de ma chair.
Chacun de tes mots est le recommencement de mon souffle.


Je crois qu'il y a un grand vide dans mon savoir.
Vivre dans les chemins d'herbes et de branches
Dans les traces des vols d'oiseaux et des pages des livres
Dans l'indiscernable des racines au bord des chemins
Ne jamais abandonner son dénuement pour une prière.


Lorsque j'aperçois l'éclair qui frappe à ma porte
Lorsque tes poèmes apprivoisent le feu de ma demeure
Je laisse tes doigts d'orfèvre ciseler ma vie.
Caresses d'écritures qui frissonnent sur mon passé
Labour des mots à la lisière des visages.


Dans la paume de l'été, la lumière entaillée de mon âge
Dans la paume de l'été, retrouver la main de ta présence
Dans la paume de l'été, la certitude de la terre.
Et mes ongles noirs qui creusent les paysages de mon potager
Avec la douleur de la terre au bout de mes doigts.