
Dans leur cheminement, mes parents ont fait couramment du cabotage, et quelquefois, c'est une progression hauturière qu'ils ont pratiquée.
Ils ont appris que l'horizon est souvent un mirage.
En haute terre, comme en haute mer, on se situe toujours au centre de l'horizon. Peu importe la direction choisie, la distance à parcourir, ou la vitesse adoptée. On reste au milieu d'un cercle qui donne l'impression de ne jamais se déplacer.
L'horizon paraît immuable. Il y a une certaine déréliction à affirmer cela, mais ceci nous est donné par la réalité des longues plaines. Celles du Kazakhstan.
Je vis ainsi dans la paume de la montagne, dans les
sentes d'herbe et d'oiseaux, creusant mes paysages
avec les sabots des moutons ou ceux des ânes.
J'écris les empreintes de ma mémoire et celle du
monde.
Nos racines ne deviennent jamais des prisons, elles
se développent comme des signatures pour toutes
les beautés qui nous entourent.
Elles sont la marque du temps et les esquisses de
nos lentes conversations avec nos foulées.
Ma vie dans ce décor est un tableau et je fais un art
de ma solitude.
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